Le Partenariat est un outil pour le Développement Local

Une problématique commune à l’échelle internationale

La multiplication et la diversification des acteurs (publics et privés ; internationaux, nationaux et locaux) intervenant dans le champ du développement ouvrent de nouvelles marges de manœuvre pour le développement local, provoquent de l’interdépendance entre les acteurs et, partant, entre les territoires.

En outre, les mouvements de mondialisations et d’organisation des sociétés civiles ont conduit à la multiplication des acteurs intervenant dans le champ du développement.

Cette situation a pour résultats une superposition et une juxtaposition d’actions, souvent concurrentes, voire contradictoires, dans tous les cas rarement convergentes.

De ce fait, déperdition des ressources dans la conception et la réalisation des actions, ainsi que frustration ou/et découragement sont souvent le lot de ceux et celles qui appuient les dynamiques de développement.

Ces situations nécessitent de renforcer les articulations entre les divers lieux de réflexion, de production, de décision et d’action.

Dans ce contexte, construire et mettre en œuvre des partenariats est devenu un enjeu qui ressort de tous les discours sur le développement.

D’où la montée du « Partenariat» qui est devenu une pratique obligatoire pour accéder à des financements extérieurs.

Or, l’analyse des expériences concrètes sur le terrain permet d’affirmer qu’il existe des éléments discriminatoires d’une relation à l’autre et à partir.

Aussi, on met généralement derrière le mot partenariat, des relations qui, de fait correspondent à des relations de don, des relations contractuelles, des relations de coordination ou de mise en place de services.

Rentrer donc dans une relation de partenariat, doit dire que l’on veut s’allier pour peser sur une situation, sur l’évolution d’un problème. Il s’agit donc d’un choix politique, il n’est pas possible de s’allier avec n’importe quel acteur. Le partenariat au sens propre du terme est donc une relation exigeante, difficile, qui ne peut se mettre en œuvre que dans des contextes bien précis.

Il est essentiel de pouvoir caractériser correctement les relations afin d’avoir une vision claire de ce sur quoi nous sommes en mesure de décider et jusqu’où notre responsabilité d’acteur de développement est engagée.

De ce point de vue, le partenariat est une relation complexe mais, particulièrement fertile pour le développement des territoires. Il est porteur d’alliances stratégiques au service d’intérêts communs, génère des innovations, favorise la mise en place de nouvelles formes de partage du pouvoir.

Construire et faire vivre un partenariat n’est toutefois pas si simple et demande d’être suffisamment outillé pour en mesurer les enjeux, ainsi que pour rechercher les moyens nécessaires à sa construction, sa mise en place, son animation.

Que dirons-nous du partenariat de façon spécifique ?
Évidemment chaque acteur a ses préoccupations car, il vit ses propres enjeux qui ne sont pas nécessairement partagés par d’autres acteurs.

Le partenariat doit s’établir autour d’un projet commun. Autour de ce projet, les acteurs doivent avoir l’ambition d’avancer. Cette codécision, coresponsabilité vont conduire à une solidarité.
Le partenariat veut dire :
– Relation ;
– Projet commun ;
– Dynamique ;
– Processus ;
– Décision commune ;
– Responsabilité partagée.

L’architecture du partenariat tourne autour de trois dimensions :
1. La relation
2. L’action
3. Le dispositif. Cette dimension est d’ordre politique (décision, animation, pilotage), technique (études, construction, suivi, évaluation, renforcement des compétences), financier (mobilisation des ressources, attribution, gestion, répartition, consommation).

Huit grands principes sous-tendent le partenariat :
1. Une logique d’association : qui signifie : alliance d’acteurs, engagement mutuel, travail en commun, but déterminé/une intention clairement exprimée ;
2. Des échanges : qui signifie des rencontres réciproques, des objectifs d’échanges clairement choisis et identifiés en commun ;
3. Des intérêts particuliers différents : c’est-à-dire le partenariat ne signifie pas perdre son identité, il signifie : motivations, attentes, habitudes, ressources à partir desquelles il va falloir identifier avec l’autre les points communs ;
4. Des objectifs communs : il s’agit de définir préalablement les résultats clairement attendus ;
5. Un projet collectif commun : qui est défini et choisi en commun, il s’agit également d’agir ensemble dans l’exécution du projet commun ;
6. Un partage de responsabilités : autour des ressources et pouvoir mais, également un partage d’idées et des règles de jeu clairement définies ;
7. Des lignes politiques : c’est-à-dire des liens et choix politiques clarifiés en vue de définir des priorités communes ;
8. Un système : là, il s’agit de comprendre que les éléments forment un tout mais, ils sont articulés et non mécaniques. C’est un ensemble d’éléments.

En un mot, le Partenariat, est la construction d’une vision partagée car :
q Les constats sont faits par chaque partenaire;
q Les atouts du contexte sont clarifiés;
q Les contraintes et les faiblesses sont élucidées et explicitées;
q L’engagement d’évoluer ensemble est pris en commun;
q La formalisation commune est effective.
Cette construction du partenariat passe par la définition d’un projet commun géré par les parties en fonction des règles de jeu clairement définies au départ.

L’IDENTIFICATION DU PARTENAIRE, UNE DÉMARCHE DE CLARIFICATION
Se connaître soi-même ; les éléments suivants représenteront son identité :
(son histoire, statut, fonctionnement, sa vision, mission, sa finalité, ses activités, domaines d’actions, sa démarche, qu’est qu’on veut faire changer dans le partenariat ? se faire une représentation de ce qu’on entend par partenariat, être clair sur ses sens c’est-à-dire ses motivations pour le partenariat, préciser ses valeurs, préciser ses critères de choix, savoir communiquer, se présenter du point de vue institutionnel et humain, savoir présenter ses atouts et ses faiblesses, contraintes, etc.)

Rechercher un partenaire (avec qui, on souhaite nouer un partenariat ?)
(Clarifier les critères de choix : géographiques, linguistiques, juridiques, politiques etc., dépister clairement les enjeux etc.)

Tout cet exercice devrait conduire les parties vers l’objet car, la formalisation du partenariat par écrit n’est pas aussi essentielle que d’amener les acteurs vers l’objet du partenariat.

ÉVALUER LE PARTENARIAT, UN PROCESSUS CONTINU, UN OUTIL

Les raisons ?
· Il s’agit d’une relation exigeante et complexe ;
· Il est très consommateur en temps et en énergie ;
· Il s’agit d’un processus de longue durée etc.

Qui évaluer ?
· Les acteurs du processus

Les principes ?
L’évaluation du partenariat exige une démarche qui obéit au consensus. Il est nécessaire d’obtenir l’accord des parties prenantes (définir en commun ce qui va être évalué, la démarche, les modalités : qui doit évaluer (interne ou externe) etc.

Quoi regarder pendant l’évaluation ?
· La partie relationnelle (les actions exécutées ensemble) ;
· Les objectifs définis au départ ;
· Est-ce que le processus permet de renforcer la dynamique relationnelle ou pas ?
· Les dispositifs par rapport à l’ambition (est ce que les dispositifs permettent d’atteindre les ambitions ?)
· La pertinence des choix qui ont été faits (stratégie commune, actions communes etc. ont-elles permis de changer ?)

Questions évaluatives ?
Elles tournent autour de trois dimensions principales :
· Relation ;
· Actions ;
· Dispositifs.

Kaba MARA

Lyon, le 21 Janvier 2013

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